Un début de quinquennat catastrophique – un pays profondément fracturé

Voilà plus de 2 ans qu’Emanuel Macron a été élu Président de la République.
La communication bat son plein et on nous dit que le nombre exponentiel des réformes faites tranchent avec l’immobilisme d’antan.
Des grandes manouvres ? Nous y avons eu certes droit ces derniers temps : plus de 2 mois de conflit pour la «réforme» de la SNCF, 7 mois avec des quasi guérillas de rues et des violences incommensurables avec les Gilets Jaunes… nul besoin de rappeler tous les conflits anciens et qui perdurent faute de prises de décisions (EHPAD, Services Hospitaliers, Police, Education Nationale, Pompiers…etc)

Les réformes, les projets, le travail tant et tant claironnés par l’exécutif et bien entendu les parlementaires LaRem, nous allons ci-après les identifier :

  • la SNCF avec la nécessaire résorption du déficit (35 à 40 milliards € restant à trouver),
  • le droit du travail : réformette, pensée par et pour les entreprises. Il faudra attendre quelques années pour identifier précisément et juger les retombées,
  • diminution des petites taxes : l’objectif est limité (231 millions €/an) et leur disparition espérée …dans 20 ans (peut-être),
  • lutte contre l’excès des normes : ambition sans cesse affichée depuis plusieurs décennies, avec des effets en définitive, jusqu’à présent, inversés.
  • code de la route – limitation à 80 km/h sur les routes à double circulation qui se solde par le récent rétropédalage du gouvernement,
  • réforme du permis de conduire : améliorant peu les délais d’obtention,
  • diminution du nombre d’agences de l’Etat (1200 pour 80 milliards de dépenses) : souhaits souvent et depuis longtemps réitérés mais qui, jusqu’à présent, se sont toujours soldés par des accroissements en nombre et en budget,
  • transition énergétique : on en parle et on en parlera encore longtemps, mais les objectifs sont contradictoires et surtout non financés,
  • programme de stabilité 2019/2022 : où est passé l’ambition initialement affichée ?
  • la loi «mobilités» : beaucoup d’idées d’investissements mais pas de financement prévu. Qui va payer ?
  • fusion collèges-écoles : beaucoup d’économie à la clef mais aucune décision concrète prise. Par contre on notera des diminutions drastiques d’écoles en milieu rural,
  • ma santé 2022 : on cherche toujours où est la transformation eu égard à la hauteur des enjeux. L’homéopathie est, pour l’instant, la seule à connaître son devenir annoncé,
  • les projets concernant la fonction publique : projet de diminution du pouvoir syndical sur la carrière des agents, projet d’assouplissement de la gestion des personnels, projet de transformation de la fonction publique (lutte contre le «sous-travail» : en définitive ces nombreux projets sont en gestation et nécessitent l’attente de décisions avant d’en tirer les conclusions. Les atermoiements gouvernementaux appellent donc à la prudence avant de juger de leurs efficacités,
  • contrôle des politiques publiques par le parlement : projet loin d’être achevé,
  • loi anticasseurs : proposition de loi adoptée mais dont l’efficacité dépendra des magistrats (alors on peut douter),
  • baisse de la CSG sur les retraités- ré-indexation des pensions : cette baisse, cette ré-indexation ne concernent pas tous les retraités. Le revirement partiel du gouvernement sur la hausse de CSG appliquée aux retraités rend cette mesure insuffisante et contestable au regard de l’égalité des citoyens devant l’impôt,
  • exonération des heures supplémentaires : mesure partielle, elle représente un risque de déception des salariés,
  • augmentation de la prime d’activité : s’agissant d’une prime c’est une solution à court terme et soumise aux risques éventuels de non reconduction,
  • projet de loi «pour une école de la confiance» : ce projet a été éclipsé par la crise des Gilets Jaunes. Décentralisation et autonomie ne sont pas encore la règle,
  • la taxation des géants du numérique «Taxe GAFA» est contre productive. La réaction des USA avec menaces de taxation des vins français en est la meilleure preuve. Les viticulteurs Français jugeront.

Certaines lois ont cependant été votées lors de la première partie du quinquennat d’E Macron notamment :

  • la loi sur l’immigration (G Collomb) : elle ne permet pas de lutter efficacement contre l’immigration et parfois même renforce les mouvements migratoires (rapprochements familiaux),
  • la suppression de l’ISF soulève un vent de contestations. Elle est partielle de surcroît par ses exclusions (immobilier),
  • la suppression de la taxe d’habitation : cette suppression est, pour l’heure, très partielle et étalée dans le temps en particulier l’exonération totale pour tous est reportée, en principe, en 2022,

On n’oubliera pas cependant que cette suppression, largesse inconsidérée et injustifiée d’E Macron alors candidat nécessitera la création d’impôts nouveaux ou le relèvement de taxes existantes. Les surprises arriveront en temps et en heures. L’Etat ne nous oubliera pas. Les taxes locales ont d’ailleurs d’ores et déjà beaucoup augmentées (GEMAPI, taxes foncières, taxes pour la relève des ordures ménagères…)

Voilà énumérés le plus brièvement possible les travaux réalisés par l’équipe Macron, les lois déjà votées durant les 2 premières années de la présente mandature restent, pour la plupart, en suspens. Quant aux réformes importantes à venir il est bien trop tôt pour en parler.
Pour l’instant on peut honnêtement penser que l’équipe d’E Macron va rentrer dans le «dur» et nous ne manquerons pas alors de commenter les difficultés qui en découleront.

En apparence un travail important a été réalisé, du moins ce sont les allégations des députés de la majorité à laquelle se sont joints quelques fieffés transfuges des partis de la droite républicaine.
On ne peut nier la force et la réussite d’Emmanuel Macron qui, après avoir mystifié les citoyens par son élection surprise continue malgré des échecs patents aux niveaux national et international, les affaires dans lesquelles sincérité et honnêteté, sont fort contestables, les démissions de nombreux ministres et conseillers et non des moindres.

En outre, les cotes de popularité de l’exécutif ne semblent pas en souffrir, les récentes élections leurs sont même plutôt favorables.
Que doit-on en déduire ?
Macron est incontestablement et pour le moment le roi dans le royaume des aveugles, mais l’opposition, en particulier les partis de la droite républicaine, s’avèrent être d’une médiocrité navrante.
Il est grand temps, si cela reste toutefois encore possible, de travailler à un projet audacieux, conforme à nos valeurs et réaliste à proposer à nos concitoyens.
En effet, il faut bien en convenir nous n’avons pas vraiment de projet réaliste et, dans l’état actuel des choses, nous ne pouvons pas être une alternative crédible de gouvernance de la France au pouvoir actuel.

Nous devons nous employer à proposer des solutions aux problèmes actuels et à venir qui sont, de toute évidence, importants et particulièrement complexes.
A l’horizon s’accumulent de sombres nuages accompagnant des difficultés que nous n’osons même plus qualifier mais qu’il faudra affronter (retraites, PMA….).

Mais nous y reviendrons à l’occasion de très prochaines réflexions auxquelles, lecteurs, nous souhaitons vous associer.