« C’EST la MEME CHANSON » ou LES LITANIES de L’IMPUISSANCE

Certains se souviennent sûrement de l’air de feu Claude François : « C’est la même chanson ….».
D’autres, plus anciens, ont peut-être en mémoire Lucienne Boyer qui chantait :

C’est toujours la même chanson,
On la redit d’une autre façon,
C’est toujours la même chanson […]
Puis vient un refrain que nous connaissons
C’est toujours la même chanson.
Les mots sont toujours les mêmes …..

Chez Cloclo et Lucienne Boyer, il s’agissait, à l’époque, de chansons d’amour. Aujourd’hui ces airs nous reviennent en tête à l’occasion d’une actualité qui n’inspire ni la romance ni le sentimentalisme.

A Béziers, un collège et un école ont été incendiés, les services de secours agressés et caillassés.
On a aussitôt entendu se déverser sur les radios et les chaînes de télévision les habituels flots d’indignation, les condamnations « fermement » exprimées « de la manière la plus solennelle ». Il s’agissait d’actes aussi « inacceptables » « qu’intolérables » et les coupables seraient « recherchés et sévèrement punis. » Bref, les autorités voulaient donner l’impression qu’elles faisaient face avec la détermination nécessaire à ce genre de violence et les délinquants devaient craindre le prochain passage de la justice. Pourtant, en notre beau pays, ces fermes propos n’impressionnent plus grand monde ; en tous cas ne dissuadent guère.

Quelques jours plus tard, à Chanteloup les Vignes (Yvelines) le même scénario se produit : incendie d’un centre culturel, violences urbaines, tirs contre la police : presque la routine. Des condamnations verbales surgissent illico : c’est « inacceptable, intolérable ; les coupables seront recherchés et punis ; etc… » Le ministre de l’intérieur nous l’a assuré.
Le premier ministre a, quant à lui, parlé d’une « petite bande d’imbéciles et d’irresponsables ». On a également entendu le mot de « crétins ». On mesure à quel point le souci de « ne pas stigmatiser » anime Edouard Philippe qui n’ose même plus nommer les choses. Eh, Monsieur, s’ils sont idiots et irresponsables, sont-ils au moins coupables ?
Plus récemment des dégradations sont commises dans des universités par des groupuscules habitués à une espèce de guérilla. Des débats ne peuvent se tenir parce que les intervenants, quel que soit leur bord, ne conviennent pas à des gauchistes violents qui privent d’expression ceux qui ne leur plaisent pas. (Dernièrement, par exemple, François Hollande a été interdit de parole à l’université de Lille).

Voilà où nous en sommes. De bonnes âmes prétendent, avec de faux accents martiaux, que la « République ne reculera pas ». Mais, même si elle reculait, elle serait au moins visible. Elle ne peut plus reculer parce qu’elle a disparu à force de concessions et de renoncements, ou même de lâchetés.
Où sont, en réalité, les réponses pénales ? Où est la justice face à des actes qu’on n’ose plus qualifier de criminels, et des voyous qu’on hésite à qualifier de délinquants ? Où est la défense de la liberté de pensée et d’expression ?
Alors, jusqu’à l’agression suivante ou le prochain incendie, il ne reste plus aux excellences qu’à rabâcher les mêmes rengaines de l’indignation morale et de la condamnation verbale, sans oublier, au passage, de rappeler aux braves citoyens que gagne l’exaspération, que le vote « populiste » (suprême injure) est une faute et ne ferait qu’aggraver la situation. Terrible aveu d’impuissance !

La crapule ayant, apparemment, de beaux jours devant elle, n’aurions nous plus qu’à nous rappeler les premiers mots d’une autre chanson, de Julio Iglésias, celle-ci: « Chaque jour, à chaque instant tout recommence… » ?

A moins que,comme De Gaulle,qui, refusant le déclin, s’y était appliqué à partir de 1958, notre démocratie ne s’empare de cette urgente et nécessaire ambition : restaurer l’Etat.