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TENTATIVE DE PREVISION DE LA PROCHAINE PRESIDENTIELLE

 

Nos recherches de documents à exploiter pour l’information politique de nos lecteurs nous amènent, aussi, à être confrontés à des intuitions, voire possibles anticipations, qu’il est utile de développer en les étayant d’éléments fiables. Ce qui apporte souvent des hypothèses crédibles.

Récemment, une vidéo reprenant les informations d’Attali sur ses rapports avec le Président Macron et ses commentaires sur les évènements en cours, a conditionné nos réflexions, jusqu’à imposer un besoin d’analyse tenant compte de ses prévisions.

Attali confirme bien qu’il est en grande partie à l’origine de la carrière d’E.Macron, ce dont nous nous souvenons. Il confirme également que cette carrière a été fomentée par ce qu’il appelle « le marché », composé des leaders des grandes fortunes, ceux qui possédant 85 % des médias en France et ont les capacités de conditionner les opinions et donc les élections. Ce qui est banalement connu par les professionnels de la communication.

Le suivi régulier au quotidien des TV d’information en continu et des grands journaux, en sachant cela, finit par nourrir des soupçons sur les orientations imposées aux éditorialistes et journalistes, dont les matraquages sont obligatoirement forts, donc évidents, pour influencer la masse des électeurs.

Les propos d‘Attali, cumulés sur plusieurs interventions, étayent ces déductions. Voici les plus explicites :

« Le Président croit encore avoir son pouvoir et ses électeurs le croient aussi. Mais nous élisons des impuissants aux ordres du marché. Ils n’ont plus de pouvoir réel. A cause de plusieurs raisons, mais surtout de l’euro, qui fait qu’il a perdu beaucoup de leviers pour agir sur l’économie, dont le pilotage dépend plus de l’Europe et de l’Allemagne que de lui. Egalement à cause de la décentralisation vers les régions, la globalisation et les privatisations, opérées pour des raisons financières, qui privent l’Etat de moyen d‘agir pour les grands aménagements et laissent cette politique aux ordres du marché » (D’où l’embellie actuelle des gros investissements privés dans ces domaines).

« Les dirigeants politiques gèrent au mieux le quotidien et colmatent les brèches »

« Le marché va s‘étendre à des secteurs auxquels il n’avait pas accès : santé, éducation, justice, police, affaires étrangères et il va même atteindre des domaines aujourd’hui illégaux, criminel : prostitution, commerce des organes, les armes, le racket. etc. » (On notera avec intérêt que les activités crapuleuses : drogue, proxénétisme, font déjà l’objet d‘estimation pour le calcul du PIB) !

« La concentration des richesses, l’inégalité croissante, la priorité au court terme, à la tyrannie de l’instant et de l’argent pourraient aboutir, au terme du processus, à la commercialisation de la vie, la transformation de l’humain en objet marchand ».

« Le Président, les ministres sont les seconds couteaux du marché qui contourne les services publics. On ouvre tous les secteurs à la concurrence, on détruit les protections des salariés et des citoyens et on livre au marché les derniers bastions encore détenus par le peuple ».

« Les détenteurs du capital et des propriétés lucratives ont le pouvoir politique, ils font et défont les élections. Je connais celle qui va succéder à Macron, celle qui viendra après lui ».

Nous voilà au point crucial de l’analyse annoncé en ouverture, qui confirme nos observations des manœuvres sans réserve des médias. En effet n’est-ce pas étonnant, qu’à une encablure des élections européennes, BFM.TV programme une grande émission, renouvelée, sur la famille Le PEN, y compris avec un chapitre particulier sur Marion Maréchal ? Et que LCI installe un long débat, la même semaine, sur la même, mais en donnant beaucoup plus de précisions sur ses capacités et ses intentions. En annonçant une invitation en Grande-Bretagne, en insistant sur sa vocation politique au-dessus de tout. En précisant son orientation de type « républicains conservateurs », la droite la plus ferme aux E.U. Et, cerise sur le gâteau, aujourd’hui, 22janvier, un bel article sur le Figaro qui va plus loin dans les explications, en justifications du détour de M. Maréchal par l’international, « pour ne pas perturber les élections européennes » !

La question sur la précipitation, dans la réalisation par les éditorialistes et les journalistes aux ordres, (mais qui font leur métier de cadres, soumis aux impératifs de l’entreprise qui les emploie) se pose, alors que les prochaines présidentielles sont encore loin.

Il peut y avoir des réponses à cette apparente bousculade : D’abord la communication dans ce domaine impose un matraquage puissant  aux arguments progressivement précis et personnels, la mémoire des auditeurs ne gardant qu’une impression, une sensation ouverte aux compléments successifs.

Ensuite la promotion de M.Maréchal  faisant partie des souhaits des divers électeurs bien à droite, la faire espérer dès maintenant peut induire un climat plus paisible inspirant la patience. Enfin, l’évolution des évènements actuels et la tentative de récupération par E.Macron de son quinquennat, provoquent logiquement assez de crainte pour se préparer à toute éventualité.

Si on suit les affirmations d’Attali, on rejoint les analyses produites par les professionnels de la presse, qui font des Gilets Jaunes une réaction à ces prévisions, un mouvement en réaction allergique du corps social, dont le traitement sera lourd et peut-être peu efficace.

Notre ambition à l’information de nos lecteurs autour de nous, à partir des conclusions de nos analyses, peut se permettre de prendre quelques risques, à partir du moment où la probabilité de nos estimations est suffisante. Surtout si elle reste motivée par la recherche d’éléments moteurs d’intentions électorales nobles, débarrassées, si possible, des conditionnements de communication, rendus très puissants par un niveau jamais égalé et en constante progression des fortunes financières.

 

De JP.Raynaud, avec l’apport du Comité de Rédaction d’ADIRE.fr