SALAFISME, DJIHADISME, WAHHABISME : UNE SEULE RÉALITÉ DOCTRINAIRE

Publié par Salem Ben Ammar le 15 novembre 2018

Il n’y a pas plus de salafisme djihadiste que de salafisme quiétiste, ou de wahhabisme que d’islamisme, quatre mots pour définir la même réalité doctrinaire.

Il s’agit de la même cellule souche cancéreuse, qui est en train de métastaser le corps musulman. Plutôt que s’en immuniser et le combattre, il semble s’en accommoder parfaitement et se réjouir de ses performances morbides.
Sans Mohamed Abdelwahab, le salafisme aurait vécu. Le wahhabisme, dont il est le père-fondateur, n’est rien d’autre que l’exhumation de la pensée salafiste qu’on croyait disparue des radars musulmans depuis 5 siècles. « C’est l’école de pensée hanbalite, fondée par l’imam Ahmed ibn Hanbal (780-855) au IXe siècle, qui a forgé les racines de l’idéologie salafiste. Deux disciples de cette doctrine, l’imam ibn Taymiya (1263-1328) et Mohamed ibn Abdelwahab (1703-1792), en deviendront ensuite les deux principales références idéologiques. »(1)

Qu’il soit djihadiste, quiétiste ou wahhabite le salafisme est hostile à l’innovation, bida’a, qu’elle soit matérielle ou immatérielle, afin de préserver l’islam des perversions. Pour le salafisme, le changement est l’ennemi de la religion et pour la garder intacte il préconise de la conserver dans le formol pour lui conserver son aspect originel. Pour lutter contre les effets du changement, le salafisme veut enfermer l’islam dans un bunker en verrouillant tous les accès, de peur certainement qu’il ne soit renvoyé à ses faiblesses et ses limites. Car c’est en ayant d’autres sources de références politiques, intellectuelles et culturelles et en étant instruits des sciences sociales, dotés d’esprit critique, imprégnés de philosophie et d’humanisme, que les musulmans peuvent prendre conscience de la fausseté et de la vacuité du message mahométan.

De peur qu’un vent novateur ne balaye l’islam, le salafisme veut s’ériger en rempart contre le vent du changement. Sous prétexte que la ré-immersion dans le passé de Mahomet et ses compagnons est la seule planche de salut pour les musulmans. C’est devenu le cauchemar de l’humanité, depuis les attentats du 11 septembre 2001, dont les auteurs portent la marque de fabrique du salafisme wahhabite saoudien.

Nul doute que le salafisme n’aurait jamais connu la puissance de feu qui est la sienne aujourd’hui, si l’Arabie Saoudite n’en avait pas fait le virus diplomatique qu’elle propage à coup de milliards de dollars aux quatre coins du monde. A travers un réseau de prédicateurs formés à l’université de Médine ainsi que par les associations « caritatives » des Frères musulmans.

Ré-islamiser et islamiser.
Ce qui aurait pu être déclaré comme crime contre l’humanité, à cause des organisations terroristes nourries par l’idéologie salafiste , comme al Qaïda, Daech, Boko Haram, les talibans, Ansar al-Charia, est devenu un allié en Syrie, en Irak, en Algérie, en Tunisie, en Afghanistan, en Afrique noire. On le laisse prospérer impunément en Occident, même dans les cités-ghettos islamisées. Comme si l’on ne voulait pas se fâcher avec son chef-marionnettiste et bailleur de fonds saoudien.

• Rarement une nébuleuse aussi toxique que le salafisme n’a bénéficié d’autant de bienveillance de la part des gouvernants occidentaux au mépris de la sécurité de leurs citoyens.

Après avoir promu les salafistes résistants en Afghanistan, rebelles en Syrie, il est à craindre que la politique irresponsable et suicidaire des Etats occidentaux ne soit en train de leur baliser le chemin du pouvoir, entamé par l’élection des deux voilées musulmanes au Congrès américain. Son idéologie porte en elle tous les stigmates de la barbarie humaine. Aussi immonde et inhumaine que la barbarie nazie à laquelle elle s’est ralliée en 39-45 sous l’impulsion du Mufti al-Husseïni, conseiller notoire d’Adolphe Hitler et artisan du premier grand pogrom anti-juif en 1929, en Palestine, sous mandat britannique.(2)

Il n’est en rien un islam déviant et sectaire. Il est son clone le plus abouti et ce visage épouvantable et hideux de l’islam, que les musulmans complet-cravate-lunettes Ray Ban veulent soustraire du regard du reste du monde. Un islam fasciste, totalitaire, messianique, hégémonique, raciste, antisémite, christianophobe, terroriste, ulltra-réactionnaire, ultraconservateur, suprématiste, négationniste, altérophobe, binaire et discriminatoire, pour qui un non-musulman est un chien d’infidèle. Il prêche le mépris et la violence envers les minorités religieuses et légitime leur anéantissement. Plusieurs visages dont le but est d’unifier les musulmans sous la bannière de l’islam.(3)

Le salafisme est l’islam du retour aux sources originelles, l’hérésie est de condamner ce qu’il n’est pas. S’il séduit les musulmans, tout simplement parce qu’ils s’y reconnaissent et s’y identifient et qu’il ne trahit en rien les préceptes coraniques.
Il est l’exutoire de leurs frustrations contre l’Occident. Leur marqueur identitaire et une utopie pour digérer l’amertume de leur présent, en exaltant la splendeur passée de l’islam.. Alors qu’il est lui-même le grand mal que Mahomet a inoculé chez les Bédouins, avant qu’il ne déferle sur des civilisations agonisantes. Celui qui est incarné par l’Arabie Saoudite, le Qatar et les pays du Golfe, ces créatures des Anglo-Saxons, sorties du sable comme des scorpions de leurs galeries pour s’attaquer à leurs proies.

Le salafisme est celui qui a basculé le monde dans une horreur indicible le 11 septembre 2001 et qui a à son actif tous les attentats terroristes en Occident. Des attentats applaudis par la majorité des musulmans dans le monde, par des salves de joie et des youyous des femmes à Gaza et en Cisjordanie.

• Il n’y a pas plus de salafisme soft que d’islamisme assagi ou d’islam modéré, ils sont les 3 têtes de l’hydre mahométane.

On n’a pas à faire un distinguo entre eux, reliés par le même cordon ombilical et possédant les mêmes organes, dont la mort de l’un entraîne inéluctablement la mort des deux autres. Allah est leur dieu, Mahomet est leur modèle, l’islam est leur religion et mode de gouvernance, leur foi est loi, la voie à suivre, le Coran est leur constitution, le djihad armé est leur moyen de conquête du monde, mû tous les trois par leur folie meurtrière.

(1) lefigaro.fr
(2) matthiaskuentzel.de
(3) lepoint.fr