Propositions  de projet européen 

I L’EUROPE UN PUZZLE TRES DIVERS
L’union Européenne d’aujourd’hui est une association politicoéconomique, résultat d’une construction lancée en 1950, modifiée au fil des années par de nombreux traités (Traités de Rome, Maastricht, Lisbonne), par des réformes institutionnelles mais aussi par des apports d’Etats membres nouveaux (7 au départ et 28 actuellement en incluant encore le Royaume Uni).

L’union Européenne est devenue un monstre technocratique, constitué d’états aux situations économiques, niveaux de vie et règles fiscales très disparates.

Les 28 pays membres de l’Europe ont des langues voire des alphabets différents.

Les langues officielles de l’Union européenne au nombre de quatre à l’origine de la Communautés Economique Européennes et de onze lors de la création de l’Union Européenne, sont aujourd’hui au nombre de vingt-quatre : l’allemand, l’anglais, le danois, l’espagnol, le français, le finnois, le grec, l’italien, le néerlandais, le portugais, le suédois, l’estonien, le hongrois, le maltais, le letton, le lituanien, le polonais, le tchèque, le slovaque, le slovène, l’irlandais, le bulgare, le roumain, le croate et 3 alphabets différents : latin, grec et cyrillique.

Cette diversité est certes porteuse de richesse, mais aussi d’embarras lorsqu’il s’agit d’harmoniser un ensemble finalement très hétéroclite au point de vue géographique, historique, culturel et de ses intérêts économiques. Cela explique que le cadre politique de l’Europe oscille entre la recherche d’une confédération ou union large peu contraignante, ou d’une fédération ou union resserrée, une sorte de corset pour certains.

L’Europe actuellement ne protège plus :

  • les peuples contre les effets d’une globalisation et semble n’être plus en mesure de contrôler ses frontières qu’elle ne cesse de repousser.
  • ses racines qu’elle répugne à valoriser au nom d’une (fausse) intégration vue comme «un processus dynamique à double sens d’acceptation mutuelle de tous les immigrants et résidents des Etats membres».

L’espace Schengen a provoqué l’ouverture maximale des frontières, voire la suppression pure et simple des postes frontaliers créant une fracture est-ouest entre les pays d’Europe occidentale et leurs partenaires orientaux réunis au sein du groupe de Visegrad *, qui se cristallise essentiellement sur les questions d’immigration. Enfin, à la fracture est-ouest s’ajoute la fracture nord-sud entre les « bons élèves » de la zone euro et ceux qui le sont moins, voire pas du tout.

*Hongrie, Pologne, République tchèque et Slovaquie

II L’EUROPE UNE NÉCESSITE POUR L’AVENIR

Malgré les difficultés rencontrées, l’Europe est une nécessité.
La globalisation des enjeux, qu’ils soient économiques, démographiques, environnementaux ou sécuritaires ; le basculement de puissance, de croissance et même d’intelligence de l’ouest vers l’est ; la nécessité d’opposer à la barbarie islamiste une certaine idée de l’homme et de la civilisation qu’a forgé l’Europe : tout ceci légitime et nécessite le rapprochement des nations européennes.

Mais si l’Europe est nécessaire, nous ne pouvons pas nous exonérer d’exercer un droit d’inventaire sur la construction européenne.

Les mesures  de refondation de l’Europe répertoriées ci-après sont, pour la plupart, issues des différents projets ou idées d’E Macron mais surtout de Force Républicaine (B. Retailleau), de V. Pécresse et Laurent Wauquiez.

III MESURES PRECONISEES POUR REFONDER L’EUROPE
L’Europe doit être un projet de civilisation, pas un meccano institutionnel fédéral.

Valoriser la civilisation européenne

  • Proposer une «charte des peuples européens» réaffirmant l’identité et les racines judéo-chré­tiennes de l’Europe, comme les grands principes de fonctionnement de l’Union Européenne basées sur la souveraineté des Etats et la subsidiarité des politiques.
  • Etendre Erasmus au secondaire, créer dans chaque université d’Europe une licence d’huma­nités européennes et mettre en place un fonds d’aide au patrimoine européen.
  • Transformer l’euro en un marqueur culturel européen en faisant figurer sur notre monnaie des personnalités ou des lieux existants, et non pas des images fictives.

Instaurer un véritable contrôle démocratique 
En finir avec la fuite en avant technocratique

  • Confier aux Parlements nationaux un pouvoir d’initiative en matière de législation européenne.
  • Instaurer un contrôle préalable des initiatives de la Commission par les Parlements nationaux.

Il faut ainsi revenir sur le fait de donner toutes les clés des négociations commerciales à la Commission européenne. Notre rôle est de défendre les intérêts français et  de donner un droit de véto aux Parlements nationaux face aux propositions de la Commission Européenne et rendre des compétences aux Etats-membres dans certains domaines.

  • Reporter la création d’un budget de la zone euro qui serait une nouvelle construction technocratique, une solution à base de dépenses publiques, alimentée directement ou indirectement par de nouveaux impôts car c’est bien l’Europe dont les peuples ne veulent plus.
  • Rechercher des économies substantielles sur les dépenses de l’Europe, notamment sur son train de vie dispendieux.

L’Europe, c’est 10 milliards d’euros par an de fonctionnement administratif, sans compter ce qui est à la charge des Etats membres Il est urgent de simplifier, pour que cela soit moins cher et plus proche des réalités

  • Améliorer la répartition du budget européen.

Plutôt que de saupoudrer les fonds européens, ne serait il pas préférable qu’on les concentre sur quelques domaines, par exemple les réseaux de communications électroniques ou encore la recherche sur les maladies neuro-dégénératives…etc.

  • Refuser toute augmentation du budget européen, qui conduirait à une hausse des impôts et des contributions.
  • Effectuer un passage en revue systématique de l’impact des législations européennes. Appliquer le principe «une règle adoptée, une règle supprimée».
  • Assouplir le recours aux coopérations renforcées*.

* La coopération renforcée est une procédure législative en droit de l’Union européenne. Elle désigne un acte juridique européen (une directive ou un règlement) qui ne s’applique pas aux vingt-sept États membres, mais uniquement à ceux d’entre eux qui le désirent.

Reprendre le contrôle de nos frontières
L’Europe doit reconstruire ses frontières face aux vagues migratoires et imposer des barrières contre les dangers de la mondialisation.

Mesures concernant le contrôle des flux migratoires

  • Mettre en place un pacte de maitrise migratoire au niveau européen et exiger de la CEDH (Cour Européenne des Droits de l’Homme) qu’elle cesse de faire obstacle à la lutte contre l’immigration illégale.
  • Renvoyer dans les pays d’origine les migrants en situation irrégulière sur le territoire européen.
  • Négocier des accords avec les pays Africains concernés, en remettant en cause éventuellement certaines aides aux développements octroyées à ces pays.
  • Modifier certaines règles internationales et européennes en matière des droits de l’Homme.
  • Créer des centres d’accueil en dehors de l’Union Européenne dans lesquels seraient étudiés les dossiers des migrants en vue de leur acceptation sur le territoire Européen, avec priorité pour ceux bénéficiant du droit d’asile.
  • Augmenter le budget de Frontex et renforcer la coopération des services de police, de justice et de renseignements dans la lutte contre les terrorismes.
  • Mettre en place une force navale européenne pour contrôler la Méditerranée.
  • Négocier une politique migratoire européenne :
  • Refuser clairement et simplement, dans l’état actuel des choses, tout élargissement de l’Union.

Mesures économiques

  • Faire du principe de réciprocité la condition à toute signature d’accord commercial.
  • Lutter plus fermement contre la concurrence déloyale (mise en place de taxes anti dumping, d‘amendes, voire même fermetures de marchés)
  • S’opposer à l’extraterritorialité des lois
  • Imposer la préférence européenne, avec la mise en place d’un «buy european act» (libre-échange).
  • Contrôler les investissements étrangers en Europe et constituer un mécanisme de protection de nos intérêts stratégiques pour les infrastructures comme pour les entreprises.

Rendre les entreprises européennes plus compétitives à travers une concurrence plus loyale

  • Engager une vraie révision de la directive sur le travail détaché.
  • Mettre en place la convergence, d’abord fiscale pour les entreprises, puis sociale, des Etats.

Garantir l’indépendance des Etats européen

  • Forger une alliance européenne de défense avec le Royaume-Uni, complémentaire mais autonome de l’OTAN, et créer un fonds européen pour les opérations extérieures.
  • Construire une ambitieuse politique de l’énergie pour lutter contre le dérèglement climatique et pour réduire notre dépendance énergétique.
  • Créer un fond de crise pour faire face aux urgences agricoles et maintenir le budget et les paiements directs de la PAC pour garantir notre indépendance alimentaire.

Faire de l’Europe le continent de l’intelligence
L’Europe doit se concentrer sur les grands défis d’avenir.

  • Poursuivre la dynamique de l’Europe spatiale et renforcer l’effort européen en matière de R&D*(recherche et Développement)
  • Créer un NASDAQ européen (grand marché électronique d’actions) et investir massivement dans le numérique (Blockchain*, intelli­gence artificielle…)

* La blockchain est une technologie de stockage et de transmission d’informations, transparente, sécurisée, et fonctionnant sans organe central de contrôle

Faire entendre la voix d’une Europe influente et rayonnante

  • Lever les sanctions contre-productives infligées à la Russie et établir un partenariat d’avenir avec l’Afrique.
  • Faire de l’Europe le continent de l’intelligence artificielle éthique.
  • Forger une véritable union environnementale pour que les Etats membres parlent d’une seule voix sur les enjeux environnementaux.

L’Europe est une nécessité pour la France. L’abandon de la monnaie unique serait en tout cas une catastrophe. Les salariés et les épargnants seraient les premiers à payer les conséquences de la sortie de l’euro proposée par le Rassemblement national. Il faut donc affirmer son refus d’exposer la France vers ce chaos économique.

L’Union Européenne présente des lacunes, sa construction est imparfaite, mais c’est un bouclier.

Contrairement à ce que certains voudraient nous faire croire, tous les problèmes de la France ne sont pas liés à l’Europe. Certes l’Europe n’est pas exempte de toute critique mais le manque de compétitivité, le poids de la fiscalité, la dépense publique, sont nos problèmes et nous devons les régler.

Les élections sont désormais très proches et tout porte à croire qu’elles impacteront, pour longtemps, l’avenir des peuples d’Europe, car, après le choc du non au référendum sur la constitution européenne en 2005, le Brexit en 2016 et les séismes électoraux en Allemagne, en Autriche et en Italie, l’Union Européenne menace de basculer dans une faille démocratique qui ne cesse de s’élargir.

Pour autant il faut éviter tout enfermement dans la stratégie d’E Macron qui, en bipolarisant les enjeux, voudrait faire des élections prochaines un choix se limitant entre «progressistes» et «populistes», deux concepts créés pour l’occasion afin de faire croire qu’il existe, uniquement, soit des pro-européens soit des anti-européens écartant ainsi tous candidats de la Droite Républicaine.

Entre ces 2 conceptions nous sommes des Européens convaincus pour une Europe qui protège, une Europe qui fonctionne  et qui évolue, peut-être lentement mais au moins sûrement, qui ne soit pas fédérale mais qui respecte les états, leurs peuples, leurs cultures et leurs différences, une Union Européenne qui ne veut pas une mondialisation sauvage et un libéralisme débridé dans lesquels l’humanisme serait purement et simplement écarté.

Il est enfin souhaitable également d’éviter de limiter le débat européen aux problèmes migratoires qui hystérisent les électeurs et font le jeu d’E Macron et des extrêmes. Bien entendu l’immigration, la lutte contre l’islam radical sont des sujets majeurs mais ils ne doivent pas être, à l’occasion de ces élections, les vecteurs d’une hystérisation outrancière de notre part qui, de toute évidence, nous serait fort préjudiciable.