Rubrique le petit rapporteur d’Adire du 19 mars 2018

SÉCURITÉ ROUTIÈRE

Le gouvernement a confirmé l’abaissement de 90 km/h à 80 km/h de la limitation de vitesse sur les routes secondaires à double sens avec effet au 1er juillet 2018.

Cette mesure est fort contestée par une majorité de conducteurs.

Pour enrayer la hausse persistante du nombre de morts sur les routes, le gouvernement a annoncé l’abaissement à 80 km/h de la vitesse maximale sur 400.000 kilomètres de routes secondaires (principalement des départementales), contre 90 km/h actuellement.

Dans un entretien au JDD, le Premier ministre Edouard Philippe défend la mesure. « Je sais qu’elle va sauver des vies, et je veux sauver des vies. Je comprends les arguments, et même la mauvaise humeur, mais je ne le fais pas pour augmenter les recettes de l’État – d’ailleurs, nous annoncerons des choses à ce sujet. Et si pour sauver des vies il faut être impopulaire, j’accepte de l’être » a-t-il précisé.

Un test de cette limitation de vitesse a bien été effectué mais sur une trop courte période et surtout sur des portions de routes dont les choix sont contestés par les détracteurs de cette mesure et surtout par les élus locaux concernés.

Les études menées par les spécialistes démontrent que la diminution espérée de la mortalité n’est pas avérée. Les nouvelles mesures risquent même d’aggraver les résultats escomptés.

Une mesure qui s’annonce salée pour le contribuable.

Pour analyser ce dossier il conviendrait de prendre en compte de nombreux et complexes paramètres :

– les coûts induits par les accidents (humains, matériels)

– la perte de temps des trajets et les incidences économiques,

– la dépense pour changer tous les panneaux de signalisation,

…etc…

Approfondir les analyses des différents rapports et avis en ce domaine n’est pas le but du présent article. De toute manière elles resteraient contestées.

L’incertitude des résultats de la diminution de la vitesse, eu égard aux dépenses à engager et aux gains éventuellement obtenus nous obligeraient à prendre un peu de recul pour, qu’enfin, les bonnes décisions soient prises : meilleur entretien et aménagements des voies de circulation concernées, adaptation des vitesses par tronçons selon leur accidentologie, vitesses limites modulées en fonction des véhicules (VL, PL…).

Mais certains responsables « bien pensants » parfois se comportent en ayatollah sécuritaires et sont les seuls entendus par un exécutif qui, on l’a vu dans différents domaines, déclare, à qui veut bien l’entendre, que les décisions prises sont définitives.

Au total, environ 400.000 kilomètres de routes seront donc concernés par la future réglementation.

Ainsi face aux décisions actées nous devrons nous conformer aux règles édictées par la future loi.

Nous ferons le bilan de l’opération dans quelques années mais d’ores et déjà il faut s’attendre à des notes salées :

– contraventions via les radars et contrôles divers et variés,

– signalisation : autant de kilomètres parsemés de panneaux qui vont devoir être changés : selon Matignon, 20.000 panneaux de signalisation sont concernés. Le coût de leur remplacement ?  Entre « 5 et 10 millions d’euros », assurent les services du Premier ministre.

– temps de trajets rallongés avec, notamment, les incidences économiques

… etc…

Enfin, au-delà du montant de la note, reste à savoir qui va payer la dépense.

Sauf surprise, il devrait s’agir des collectivités locales, à savoir les départements mais aussi les régions. En effet, les 400.000 kilomètres de routes concernées sont essentiellement des routes départementales  et nationales.

Alors, chers contribuables, attendez vous à payer encore un peu plus d’impôts.

Jean Paul BESSE