Laïcité et République

Commentaires tirés de la lecture de l’article de Yannick URRIEN paru le 05/07/19 sur l’hebdo-BOURSE PLUS . Sélectionné par Guilhem Bastide d’Izard. Résumé par JP.Raynaud. (membres ADIRE)

L’essentiel des arguments développés dans cet article sont dus à Najwa El Haïté. Docteure en droit public, elle est adjointe au maire d’Evry-Courcouronne et étoile médiatique sur ces questions de l’islam, des banlieues et de la laïcité, sur laquelle elle vient de publier une thèse. Elle a été entendue lors de l’enquête sur la radicalisation dans les services publics. Ex socialiste elle est LREM et pourrait être proposée dans un avenir proche pour un ministère.

« Avant d‘évoquer la laïcité il faut s’entendre sur la notion de religions, qui ne sont pas seulement les trois grandes monothéistes. La Cour Européenne ne se prononce pas car, suivant le pays, une secte peut en faire partie. La définition de religion n’existe nulle part. La loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat ne parle que de cultes; dont l’exercice doit être garanti par l’Etat. Dans cette loi la notion de laïcité n’apparait pas. On en déduit que la laïcité c’est la liberté de croire ou de ne pas croire, avec une limite: le respect de l’ordre public. Thématique complexe puisque sans définition.

La loi dit qu’on doit permettre la liberté de conscience, qui est une liberté constitutionnelle; mais si la religion va contre l’ordre public la loi l’emporte. Le Conseil d‘Etat va jusqu’à parler de l’ordre public immatériel ; c’est le vivre ensemble. Par exemple, lors d’une cérémonie de naturalisation, une femme voilée refuse de toucher la main du préfet et d‘un élu, car c’est sa liberté de conscience…sa naturalisation a été refusée au titre de l’ordre public immatériel.

Le juge n’a pas à intervenir sur le fond des affaires du culte, c’est la raison de l’absence de définition des religions, qui peuvent être de la philosophie ou de la Scientologie, Krishna ou Raèl. Pour le radicalisme islamique, s’il ne se transforme pas en action violente, on est libre de penser ce qu’on veut. Les pays musulmans peuvent être plus fermes que nous avec notre laïcité. La présence musulmane et une réalité nationale, mais comment éviter la radicalisation ? Par l’école, lieu sacralisé et protégé de toutes les influences.(Dit elle).

En France, il faut rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. Mais dans l’islam, ce qui est à César est à Dieu, d’où l’existence d‘un islam politique. En France la grande majorité des croyants musulmans sont attachés aux valeurs républicaines. L’islam politique n’a pas sa place au sein de la démocratie française. La loi civile doit l’emporter sur la loi religieuse. Dans d‘autres pays c’est le contraire ; il y a des pays développés et d’autres rétrogrades.

Le rapport sur la radicalisation dans les services publics montre que cela a commencé après les attentats, l’un des protagonistes était chauffeur de bus. L’immigration n’est pas la cause principale puisque beaucoup de radicalisés sont français de souche. D’ailleurs beaucoup de français musulmans sont remontés contre les radicaux. Quant aux affaires de burkini elles relèvent de la provocation et mettent mal à l’aise nos concitoyens de confession musulmane. »

Notre commentaire : Il est évident que notre arsenal judiciaire, malgré quelques progrès, est très insuffisant. La présence de français musulmans ayant acquis notre culture et bien intégrés professionnellement est un atout solide. Mais les positions complices d’élus et d’artistes ou d‘intellectuels, reprises par les medias, ont établi des principes d’interdit pour des opinions réalistes et des mesures sévères aujourd’hui, mais heureuses pour demain. Espérons que la jeunesse d‘Algérie, puis de Tunisie enclenchera l’évolution des pays musulmans vers un retrait du pouvoir religieux. Et que L’Arabie Saoudite sera enfin contrainte d‘abandonner sa politique d‘envahissement de nos pays avec le soutien des Frères Musulmans.