LA DÉMOGRAPHIE. Statistiques, évolution.

Les événements se bousculent, en accélération, dans le monde : concurrences commerciales, militaires, absence d’état ou états devenant  radicaux, influences climatiques, émergence de nouvelles puissances, déficit ou explosion des naissances, évolution exponentielle des oppositions religieuses. Le tout ayant de fortes conséquences sur les migrations.( émi + immi). Il est aujourd’hui important d’en connaitre les données réelles.

En consultant les prévisions de l’ONU la démographie mondiale serait en évolution de 1,1% par an pour atteindre 11 milliards en 2100. Avec des différences notables entre les continents : l’Afrique est encore loin de son maximum et l’Europe est en déclin à compter de 2050.

Les questions à ce sujet sont donc majeures : pourrons-nous gérer les ressources de la planète, les flux des migrations en fonction des naissances, des conflits et des changements climatiques ? Saurons-nous y appliquer les impératifs sociétaux, géopolitiques ?

Pour nos contrées, depuis 2015, le nombre des décès est supérieur à celui des naissances, le niveau actuel est maintenu par l’immigration. Mais en 2030 il doit commencer à baisser; ce sera le seul grand ensemble à être dans ce cas ! Tous les pays d‘Europe de l’est auront perdu au moins 15% de leur population en 2050.

Des disparités importantes  sont connues:

  • Espérance de vie : 84,5 à Madrid pour 73,5 en Bulgarie
  • Croissance démographique: +1,4 % à Londres, pour – 1,6% en Bulgarie
  • Taux de natalité : 1,5 à Londres, pour 0,62 en Espagne
  • Taux de fécondité : 1,96 enfant par femme en France, 1,31 au Portugal
  • Taux de mortalité infantile : 0,16 en Slovénie, pour 0,76 en Roumanie.

Si on tient compte des migrations, on arrive à des variables démographiques intéressantes. Les demandes d’asile étaient de 1,3 millions au plus fort, avec un taux de réponse entre 40 et 60% suivant le pays. Mais le taux de migration net annuel entre continents en augmentation entre 1980 et 2010 a diminué depuis. Pour une analyse historique on doit nuancer les évidences actuelles.

En Europe :

 Eurostat nous donne les évolutions en Europe avec ou sans migration. (En millions d’habitants).

                                        2017                                                             2050

                                                                            Pas de migration                       + migration

  • Allemagne              82.8                                       68.2                                       82.7
  • Espagne                  46.5                                       43.9                                       49.3
  • France                     67                                          70.1                                       74.4
  • Italie                        60.6                                       50.6                                       59
  • Pologne                   38                                          34.2                                       34.4
  • Royaume Uni         65.8                                        66.2                                       77.6

La Bulgarie, la Croatie, l’Estonie, la Grèce, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, le Portugal, la Tchéquie, la Roumanie, la Slovaquie, l’Ukraine et la Slovénie seront, y compris avec la migration, en déficit.

La Belgique, l’Autriche, le Danemark, les Pays Bas et la Suède progressent, avec la migration, l’Irlande et la Norvège, de toute façon.

En Afrique :

Les prévisions de l’ONU sont en permanence en évolution rapide:

  • Le nombre des naissances de 6.6 en 1980, estimé à 4.7 pour 2015 (record  du Niger 7.4)  De la Somalie (6.6), au Nigéria (5.7) se situent les autres pays.
  • Le continent de loin le plus jeune.
  • Gain d‘espérance de vie important : +6.6 ans entre 2005 et 2015.
  • Croissance démographique  qui ralenti moins vite que les autres continents :  De 17% de la population mondiale aujourd’hui, elle pourrait être équivalente à celle de l’Asie à la fin du siècle, 40% !

Evolution démographique par continent, estimation en millions d‘habitants :

                                             2017                                      2100

  • Afrique                    1 256                                     4 468
  • Asie                          4 504                                     4 780
  • Europe                        742                                        653
  • Amérique sud            646                                        712
  • Amérique nord          361                                        499
  • Océanie                        41                                          72

Observations relatives à la migration africaine :

  • C’est le continent dont le flux migratoire est le plus faible et majoritairement limitée à l’intérieur du continent.
  • La pauvreté est un frein à l’émigration, par manque de moyens à son organisation.
  • La République Démocratique du  Congo et le Niger, parmi les moins développés au monde, n’ont que 3% de leur population qui vivent à l’étranger. Ce qui pose la question du bien fondé de l’aide au développement pour freiner l’émigration.

Pour la population mondiale :

  • La croissance actuelle (+1,1 %) devrait se poursuivre en se ralentissant. Elle était de +2,05 en 1970.
  • Le taux des naissances était de 3,9 en 1980  il devrait être de 2,4 en 2020 et de 1,9 en 2100.
  • Avec des différences entre les continents vieillissants comme l’Eurasie et les plus jeunes, Afrique et Asie.
  • L’augmentation de la population mondiale viendra pour 50% de ces pays:

                Inde, Nigéria, RDC, Pakistan, Ethiopie, Tanzanie, E.U., Ouganda, Indonésie.

Les grandes questions de réponse au défi :

1 – La planète pourra-t-elle nourrir sa population augmentée ?

Le débat actuel est pessimiste à tort. Car, en Afrique en particulier, se sont des problèmes humains, comme les conflits, les gouvernants incapables et corrompus, l’absence de logistique, qui sont responsables plutôt que des difficultés naturelles. (La production de céréales de 300 kgs/personne est supérieure aux besoins de 200 kgs/personne).

Si on organise le développement des surfaces, la production, l’irrigation,  le transport et le stockage partout où c’est possible, il est certain que la planète peut nourrir au moins jusqu’à 12 milliards d’habitants.

Pour le  GIEC les polutions dues au climat sont progressives et prévisibles. L’augmentation de population mondiale a une influence indirecte sur les pollutions liées à des causes diverses.

2 – Quelle influence sur la géopolitique mondiale ?

  • Les E.U. : Leur taux de natalité est assez élevé, c’est l’origine de plus de 50% de l’accroissement. L’immigration un peu moins du reste. Ils vont maintenir leur niveau de première puissance mondiale.
  • En Chine, un milliard d’habitants en 2100, contre 1,5 pour l’Inde. Vieillissement de la population record, à cause de l’enfant unique qui a fait des familles de quatre grands parents, deux parents et un enfant.
  • L’Europe va voir sa population baisser jusqu’en 2030. Jusqu’en 2050 l’Allemagne va stagner, alors que la G.B. et la France vont augmenter de 7 à 10 millions.
  • En 2050 on comptera plus de séniors que de moins de 20 ans, d‘où une possible « paix gériatrique ».

D’ici la fin du siècle l’évolution de la population devrait se stabiliser, deux enfants par femme. Avec une espérance de vie de 80 ans. L’évolution de l’Afrique déterminera le volume de la population mondiale à l’échéance. Selon l’ONU la courbe prévisionnelle médiane serait bien de 11 milliards.

Recueil des éléments : jpraynaud