Les chamboulements que subissent les classements politiques, depuis la campagne d’E. Macron, ont totalement remis en question cette classique notion de droite politique, réputée majoritaire dans la somme des opinions.

La comparaison avec la droite américaine qui fait élire un président est intéressante. Aux États-Unis un nombre incalculable d’associations, de petits partis, du centre droit à l’extrême droite, se groupent sous la bannière des Républicains lors de leur (CPAC) « Conservative Political Action Conférence ».

En France, chaque leader ou élu est la droite à lui seul. Et refuse, y compris dans le même parti, de se lier à d’autres pour chercher à composer une majorité. Cette pratique est ancienne. De même que les échecs retentissants aux élections nationales, qui ont très souvent laissé la majorité à une gauche réunie, allant de l’extrême gauche à l’extrême centre ! Ce qui a imposé dans les esprits et les institutions une majorité de principes venue de la gauche, mais qui a encadré strictement la liberté d’opinion de tous.

Le phénomène actuel, sous la bannière de Macron, a fini d’installer la difficulté d’association pour une majorité de droite comme de gauche. Au point que le PS est décédé et que L.R. est bien malade. Pour ce qui nous concerne, les signes de conviction de droite ferme de Wauquiez ont suffi pour finir de convaincre nos leaders et électeurs de centre droit, soit d’attendre d’y voir plus clair, soit de se laisser séduire par le Macron de droite…qui cache bien celui de gauche pour ceux qui regardent vite et détournent le regard.

La suite de l’histoire va se faire attendre. Car la tendance en Europe est nettement orientée vers une montée de la droite dite populiste. Au point qu’elle est de plus en plus en position de gouverner, si ce n’est pas déjà fait. Le cas français rend cette éventualité improbable par la position conquise par le R.N. (ex F.N.), qui, en l’état, ne peut atteindre la majorité au dernier tour d’une présidentielle.

Le chamboulement doit arriver à son terme pour que l’histoire continue. Que les résultats et les choix de société de la majorité actuelle finissent de décevoir, pour que les promeneurs de centre droit passés chez Macron tournent en rond. Comme leurs symétriques passés au R.N… Et que se dessine, peut-être autour du noyau dur restant chez L.R., un large rassemblement, de type américain, réhabilitant la noblesse des convictions politiques traditionnelles.

Cette éventualité verra, forcément, la poursuite du renouvellement des candidats aux responsabilités. Autour de quelques personnalités en cours d’éclosion. Mais rien ne se fera si la concurrence aigüe habituelle fait capoter cette chance d’un rebond historique dans notre lente involution.

La condition première pour la réussite de cette option reste, plus que jamais, le poids de la somme des opinions à la base de l’électorat, autour de nous et dans nos communes. Nous devons démontrer le bien fondé de cette voie lors de toutes les occasions. Surtout que l’équivalent d’union à gauche se conformera à la même obligation, mais appuyé sur des pratiques d’intimidation par la rue.

On comprend que des politiciens professionnels se découragent devant l’obligation de patiente retraite provisoire et changent d’activité, mais les militants convaincus, surtout ceux qui ont acquis la formation par l’expérience, ne peuvent pas se contenter de faire les courses en famille et de regarder le sport à la T.V. On ne peut pas fermer les yeux devant les menaces quotidiennes de changement de société, ni pour refuser de voir nos enfants ou petits enfants aller chercher très loin les chances d’une vie pleine.