Groupe de réflexion de la section de Saint-Raphaël. Le 10 avril 2019

Demain l’Europe

Les membres du groupe partagent les inquiétudes de notre formation politique et souhaitent que l’Union Européenne retrouve une cohésion qui lui fait aujourd’hui défaut.
Ils déplorent que les sentiments et les intérêts nationaux l’emportent largement sur les perspectives politiques, économiques et sociales d’une Europe unie. La récente visite du président chinois en Italie puis en France en témoigne.
Les observateurs de la situation internationale notent que depuis une dizaine d’années, les investissements chinois en Europe s’inscrivent dans une stratégie qui pourrait peser, à terme, sur la conduite de la politique de l’Union Européenne.

Un exemple significatif est celui du rachat, en 2018, de l’entreprise française, Linxen, spécialiste des composants pour cartes à puce, par Tsinghua Unigroup, pour un montant de 2,2 Mds d’€.
L’installation, à Monaco, de la G5 par le groupe chinois Huawei, soupçonné de menacer la sécurité des réseaux de communication et l’OPA sur l’allemand Kuka, entreprise en pointe dans la robotique (Le Figaro du 20 mars) procèdent de cette menace alors que parallèlement la Chine noue de grands projets d’infrastructure avec les pays européens de l’Europe centrale et orientale.

Les dirigeants de l’Union ont tardé à mesurer les conséquences de la politique chinoise en Europe et ce n’est que début mars 2019, qu’ils ont étendu aux 28 (ou 27) Etats de l’Union, la procédure de filtrage des investissements étrangers.
Lors de la réception du Président Xi Jinping, à l’Elysée, le 26 mars dernier, avec Angela Merkel et Jean-Claude Juncker, le Président de la République a rappelé le principe de la réciprocité des échanges mondiaux commerciaux. Ce rappel s’adresse également au Président Trump, qui, après avoir écarté définitivement le projet d’accord économique (TTIP) avec l’ UE, a ouvert le conflit des importations européennes d’automobiles en remettant en cause l’accord conclu le 25 juillet 2018 avec le Président de la commission européenne, Jean-Claude Juncker.

De nouvelles négociation doivent reprendre. La France en a retardé l’ouverture en posant la condition du respect des accords de Paris sur l’environnement et en demandant l’extension des négociations aux domaines de la pêche et de l’accès aux marchés publics américains. Lors des prochaines rencontres, il sera rappelé que l’agriculture en est exclue contrairement aux demandes du Département du Commerce américain .
Au regard du potentiel économique de l’Union Européenne et de sa place auprès des Etats-Unis et de la Chine, les membres du groupe mesurent toute l’importance des institutions européennes dans la vie de nos compatriotes.
Alors que la cohésion de l’Union se délite, ils suggèrent, au delà des propositions actuelles de notre formations politique, d’ouvrir, dans la perspective d’un nouveau Traité, une réflexion sur l’Europe.
Celle-ci porterait sur la création d’une Fédération d’Etats ayant une Constitution commune et des règles politiques, économique et sociales uniques incluant toutes les questions importantes telles l’identité culturelle, l’immigration et les pratiques religieuses.

La direction de l’Union serait assurée par un Président disposant d’un gouvernement et d’une assemblée parlementaire. Chaque Etat, membre de l’UE, aurait alors le choix de son destin. Les déclarations du Président Giscard d’Estaing dans le quotidien Aujourd’hui en France du samedi 6 avril, offrent sur ce sujet des réflexions qui ont retenu l’attention du groupe.