Groupe de réflexion de la section de Saint-Raphaël .
32, rue Thiers, 83700 Saint-Raphaël, le 7 mai 2019 (Envoi n° 71)

Clé de voûte
C’est une impression de confusion, d’hésitation, d’inefficacité que les membres de notre groupe retirent du «Grand Débat ».
Ils s’interrogent notamment sur le financement des nouvelles promesses présidentielles après les improvisations budgétaires liées à la crise des Gilets Jaunes.

S’agissant plus particulièrement de l’emploi, ils notent que les propositions du Chef de l’Etat se résument à la promesse d’une diminution significative du chômage à la fin du mandat.
Cet engagement n’est assorti d’aucune proposition pour reconstituer le tissu industriel qu’il s’agisse de novation ou de compétitivité alors que les fermetures d’entreprises se poursuivent et que le renouvellement des équipements prend du retard.
La reprise d’Ascoval par British Steel et la création de l’alliance européenne de la batterie, subventionnée par l’ Europe afin de faire pièce au monopole asiatique, pour intéressantes qu’elles soient, n’ont qu’un impact mineur sur le chômage.
L’augmentation du temps de travail et le report de l’âge de la retraite sont laissés à l’initiative des actifs alors que ces mesures sont considérées par les entrepreneurs comme des facteurs essentiels de la compétitivité.
Seule action positive, la mise en place du dispositif de soutien à l’exportation initié en févier 2018. Placé sous l’égide des Régions, celui-ci est aujourd’hui opérationnel mais sa montée en puissance n’interviendra qu’au cours des prochaines années en fonction de la capacité des entreprises.

Les autres mesures relèvent de l’illusion.
Le projet de loi sur « une école de la confiance » présenté par le ministre de l’Éducation Nationale, propose d’élargir le champ de l’enseignement professionnel et de l’apprentissage.
Aujourd’hui confrontée au triple obstacle des emplois non pourvus, de la formation continue et de la mutation du travail avec la montée en puissance du numérique et de l’automatisation, cette proposition, pour louable qu’elle soit, s’inscrit dans une action de longue durée.
Les plans régionaux « d’investissement dans les compétences » (PIC) relèvent carrément de la supercherie. Leur but est de faire baisser le chômage des personnes en difficulté en formant, d’ici à 2022 (ce projet vient d’être reporté à 2025), un million de chômeurs et 800.000 jeunes peu qualifiés, en fonction des besoins locaux.
Une enveloppe de 14,6 milliards est prévue pour cette action dont l’organisation reste floue.
Il en est de même des parcours emploi compétences (PEC) qui remplacent les emplois aidés et s’adressent particulièrement aux jeunes. D’une durée maximale de 12 mois, ils sont limités aux emplois non marchands dans les collectivités locales ou les associations. Un peu plus de 120.000 postes ont été pourvus en 2018.
Mais, là encore, formation ne signifie pas travail productif et les membres de notre groupe sont persuadés que ce ne seront pas les promesses mais bien la réalité de l’économie et plus particulièrement de l’emploi qui sera, en 2022, la clé de voûte de l’élection présidentielle.